Hommage à Charles Aznavour

En ce dimanche un hommage au grand Charles Aznavour avec deux nouvelles parodies holmésiennes signée Le Chevalier Dupin :

COMME ILS LISENT (sur l’air de « Comme ils disent »)

Seul avec mon docteur, j’habite,
Dans un très étrange salon,
De Baker street,
Parce que je suis un drôle de type,
J’ai une paillasse, un rare violon,
Et quelques pipes !

Sans jamais trop la reposer,
A penser, je fais souvent fumer,
Cette machine,
Où je range, classe ou déduis,
Sinon je me pique, tant pis,
A la cocaïne !

Le travail ne me fait pas peur,
Je suis un investigateur,
Toujours en piste,
Mais mon vrai métier, c’est la nuit,
Que je l’exerce, travesti,
Je suis artiste !

J’ai la faculté peu commune,
D’être quelqu’un ou bien, quelqu’une,
Quand je me déguise,
Et j’éprouve un plaisir malicieux,
A tromper mes proches, les bienheureux,
Je suis si cabot, comme il disent !

Vers les trois heures du matin,
Je pars chasser le malandrin,
Au travers des rues de Londres,
Et plus les indices sont maigres,
Plus je me réjouis à les confondre,
Là, parmi la pègre.

J’y fais jaillir la vérité,
Je tire les vers de chaque nez,
Je suis poète,
Mais je le fais avec raison,
Pas comme Lestrade, le flicaillon,
Dans ses enquêtes !

Je rencontre des criminels,
Des escrocs, des pécheurs véniels,
Et leurs victimes,
Tous s’étonnent de ce que je tire d’eux,
Les pauvres ne voient qu’avec les yeux,
A quoi ça rime ?

A quatre pattes, pire qu’un chien,
Je renifle le bon chemin,
De l’expertise,
Moi, les lazzi, les quolibets,
Me laissent froid, puisque c’est vrai,
Je suis un limier, comme ils disent !

A l’heure où naît un jour nouveau,
Je rentre retrouver mon lot,
De solitude,
J’ôte mes nippes et mes postiches,
Comme un pauvre clown qui affiche,
Sa lassitude,

Je vais tenter d’un sommeil lourd,
De ne rêver ma vie sans amour,
Si dérisoire,
Ni à La Femme me portant pâle,
Chez elle, qui donne du scandale,
A mon histoire !

Ma tête n’osera jamais,
M’avouer ce dur secret,
Pénible drame,
Que j’ai un cœur également,
Qui le plus sombre de son temps,
Me torture l’âme !

Les familiers des détectives,
De loin me jugent, encore me suivent,
Mais je précise,
Que ce n’est que la faute de Watson,
S’ils voient fantasque, cette personne,
Ce Sherlock Holmes, comme ils lisent !

 

SCANDALE EN BOHÊME (sur l’air de « La Bohême)

Je vous parle d’un temps
Que l’ex Mary Morstan
Ne voulut pas connaître
Holmes en ce temps-là
Me revis avec joie
Jusque sous ses fenêtres
Et si l’humble garni
Qui lui servait de nid
Ne payait pas de mine
C’était un home so sweet
En plein Baker street
Où frappait l’inconnu !

La Bohême, la Bohême
Vint avec un, pli mystérieux.
La Bohême, la Bohême
L’expéditeur n’était pas gueux !

Dans un lieu voisin
Rossignol ricain
Dont l’opéra fit la gloire
Etait bien désireux
De nous battre au jeu
Epreuve de chambre noire !
Et quand quelque rougeaud
Aidait aux soins des chevaux
Holmes tissait sa toile
Pour cette Adler Irène

Il rendit même légal
Un étrange hymen !

La Bohême, la Bohême
Sa noblesse, c’était du joli !
La Bohême, la Bohême
Le scandale n’était pas permis !

Souvent il m’arrivait
Devant mon carnet
De passer des nuits blanches
Retouchant mes écrits
Au grand dam de l’ami
Attendant sa revanche
Et ce n’est qu’au matin
Que j’essayais enfin
Creusant son teint blême
D’offrir mon récit
Scandale en Bohême
Naquit presque ainsi !

La Bohême, la Bohême
Un synonyme d’échec cuisant !
La Bohême, la Bohême
Limier et roi étaient perdants

Quand au hasard des jours
Je m’en vais faire un tour
A mon ancienne adresse
Parfois Holmes ressasse
La victoire d’une belle dame
Elle qu’il nomme La Femme
Un clergyman de farce
Sous la fumée épaisse
D’un incendie bénin
Crut son but atteint
Mais le lendemain
Irène prenait le train !

La Bohême, la Bohême
Son roi déçu, Sherlock Holmes fou !
Cette Irène, oui il aime
En regarder le portrait doux.

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